Je sors du bar, complètement ivre.
Je ris aux éclats et tout le monde me remarque, et me fusille du regard en jurant que je ne suis qu'une pauvre folle imbibée d'alcool. Même Leny qui est sortie 2 minutes après moi s'en rend compte et me dit de me taire.
C'est fou ça. Même les gens qui ont autant bu que vous arrivent à se permettre de vous dire quoi faire dans ses moments là. Mais sachez que je vous emmerde moi ! Tous ! Même si demain je ne me souviendrais pas de vous parce que vous êtes tous moches et que vous ne m'inspirez pas la sympathie.
Leny m'attrape par le bras et m'entraine avec elle sur un banc. Je me laisse guidée, après tout c'est elle l'experte, non moi.
Leny : Assieds toi.
Emma : Pourquoi faire ?
Leny : Le banc est confortable
Emma : Ah.
Je m'assieds donc à ses côtés. La tête me tourne mais mes idées restent quand même à peut prêt clair.
Je sors une cigarette de mon sac et la pose à mes lèvres. Je rapproche ensuite mon briquet pour l'allumer quand j'entends Leny me hurler dessus
Leny : Elle est à l'envers !
Emma : Ah ouais ?
Leny : Je te jure
Bon, advienne qui pourra, je retourne ma cigarette et pose donc le filtre sur mes lèvres. Je l'allume et crache ma fumé. Je m'affale au fond de mon banc et commences à observer le ciel. De là, je commence à me déconnectée du reste du monde, enfin du peut de personne présentent à mes côtés. Mes pensées s'égarent et mes paupières se font lourdes.
Je m'endors. Je me laisse tomber sur la droite et me rend compte que Leny n'est plus là. J'en profite alors pour m'allonger entièrement sur le banc. Ma bouteille de Vodka encore précieusement serrée dans mes bras. Je m'endors.
Je tombe alors dans un rêve ou je le revois lui. Ce garçon qui m'obsède depuis plus de trois ans. Celui avec qui j'ai eu cette relation que l'on appelle " amoureuse et passionnée ". La passion ? Je me demande bien ou elle est passée.
Vous devez vous sentir perdu, je me trompe ? Je vais vous éclairer.
Il y a trois ans, j'ai pris le risque de m'engager dans une relation avec un garçon qui représentait et était égal à la perfection pour moi. Tout chez lui m'attirait. Quand à lui, il a mit du temps à m'avouer ses sentiments... Beaucoup de temps. A vrai dire, on se connait depuis qu'on est môme. On a toujours trainé ensemble. Un peu comme Joey et Dawson. Sauf que Dawson est blond et qu'il ne connaissait pas le fer à lisser à l'époque. Et bien lui, c'était Dawson. Le mec qui se confie, qui vit sa passion, mais qui refuse de voir les choses en face. Il n'a jamais vraiment osé penser que secrètement je le désirais. Bien sur je me gardais bien de lui dire, et puis quoi encore, j'allais pas lui déballer tout comme ça d'un coup en pleine soirée télé + mc do. Non ça non. Je l'ai toujours aidé et soutenue dans toutes ses relations amoureuses ou autres. Jusqu'au jour ou après que je l'aille ramené chez lui complètement ivre, il m'avoue qu'il ne me voyait plus comme la fillette de 5 ans qui courrait partout dans son jardin en criant " tu ne m'attraperas pas " mais comme son futur.
Certes dit comme ça, ça ressemble un peu au feu de l'amour et autre séries télévisés bourrés de romantisme qui frise la niaiserie. Mais c'est vrai. Ce jour là, j'ai été heureuse. Vous n'imaginez pas. J'ai d'abord ris car je pensais que c'était les effets de l'alcool mais non. Le lendemain quand il est venu me voir, il ma répété tout ce qu'il m'avais dit la veille en étant plus sérieux que jamais. Alors de fil en aiguille je me suis laissée amadouée et j'ai joué le jeu. Je l'ai aimé.
Seulement la chose à laquelle je n'avais pas songé, c'était qu'il avait une passion dans la vit en plus de son frère jumeau : La musique. Combien de fois j'ai pu rester éveillée le soir, la fenêtre ouverte en l'écoutant chanter des chansons qu'il avait composé avec son double... Combien de fois je l'ai poussé à passer des castings et à tenter sa chance aux émissions de télés-réalités qui révèlent les nouveaux talents du pays. J'aurais du me douté qu'un jour, il en ferait son métier. Et que ce jour là, je risquerais de ne plus passer en priorité. Mais non, moi j'étais aveuglée par le bonheur que je pouvais lui apporter et rien d'autre.
Mais un soir, alors que je me préparais à aller le voir pour fêter nos " un an " j'ai reçu un texto qui a tout fait basculer. Un texto de SA part qui disait :
" Emma, je dois partir. Pardon. Je t'aime. "
J'ai d'abord pensé à un suicide, bien que cela ne lui ressemble pas. Mais en arrivant chez lui et en escaladant sa fenêtre de chambre, je me suis rendu compte que plus aucune affaires n'étaient là. Ni les siennes, ni celles de son frère jumeau. C'est la que j'ai compris.
Il m'avait quitté. La musique avait triomphé.
Depuis je n'ai jamais eu de nouvelles. J'ai bien essayé au début mais beaucoup de proches que l'ont avaient en commun m'ont dit de laisser tomber. D'oublier et de passer à autre chose, car c'est ce qu'il avait fait et il ne s'en portait pas plus mal.
Alors j'ai refais ma vie. De temps en temps je lis les journaux et me renseigne sur ce qu'il fait au moment même mais je ne cherche plus à le revoir car de tout évidence ça ne me mènerais à rien sinon à souffrir. Et puis quand je vois que lui de son côté à très bien refait sa vie avec ses nombreuses conquêtes je me dis que je n'y es de toute évidence plus ma place.
Du côté de Bill.
Il rentre, fermant délicatement la porte au passage et espérant de pas réveiller son ami et son frère. Mais c'est peine perdu. Sur le divan se trouve Andréas. Un de ses amis les plus anciens et les plus proches.
Andréas : Tu étais où ?
Bill : Quelque part
Andréas : Tu la encore suivit hein ?
Bill : Non
Andréas : Arrêtes de mentir
Bill : Je ne mens pas
Andréas : Si tu mens, et très mal en plus.
Bill : Si tu le dis
Andréas : Tu lui as parlé ?
Bill : Non. Bien sur que non.
Andréas : Ouais tu t'es contenté de la surveiller comme d'habitude, quand est-ce que ça va s'arrêter cette histoire et que tu vas prendre ton courage à deux mains pour aller la voir ?
Bill : Ça ne te regarde pas. Et je n'irais pas la voir.
Andréas : Mais pourquoi ?
Bill : Parce que ça ne servirait à rien ! Ça lui ferait du mal, et ça ne mènerait à rien au final
Andréas : Mais t'es au courant que cette fille crève d'amour pour toi ?
Bill : Elle en trouvera un autre
Andréas : Et toi ? Tu feras quoi ce jour là ? Tu continueras de la surveiller pour voir si il ne lui fait pas de mal ?
Bill : Occupes toi de tes affaires
Andréas : T'es vraiment borné toi
Bill : Surement
Andréas : Mais réagis bordel ! Tu te vois là ? Tu fais pitié !
Bill : J'temmerde Andréas.
Andréas : Si tu veux. Mais j'ai raison
Bill : Je vais dormir.
Andréas : Vas la voir
Bill : Bonne nuit
Andréas : Si tu ne le fais pas j'irais
Bill : Toi tu ne feras rien. T'as pas intérêt à faire quoi que ce soit.
Andréas : Et pourquoi ?
Bill : Parce que je ne veux pas ! Point. Fin de la discution
Andréas : C'est ça. Bonne nuit
Bill : Bonne nuit
Le brun se dirigea alors vers les escaliers et enleva ses chaussures pour monter.
Andréas : * Haussant le ton * Réfléchis à ta vie Bill. Il te manque quelque chose.
Le brun se contenta de soupirer et de monter les marches pour aller se coucher.
Du côté d'Emma.
J'ouvre les yeux. Je suis toujours sur ce banc. Il fait jour, et il fait froid. J'ai toujours cette bouteille de Vodka dans la main et j'ai un mal de crâne à tomber par terre. Je me relève alors avec peine et vois que je suis seule. La rue est déserte et le pub est fermé. Il doit être quelque chose comme 8 heures.
Je regardes mon téléphone : Il est 9 heures passé... Ok là ça va pas. Je commence à rassembler mes affaires éparpillés sur le banc et me lève pour rentrer chez moi au risque de me faire probablement engueuler par celle qui se dit être ma mère.
[ Elipse ]
J'ouvre la porte de la cuisine et je rentre discrètement en espérant que l'on ne m'entende pas mais c'était cause perdue. Mon beau père se trouvait dans la cuisine, journal posé face à lui et tasse de café à la main, il ne leva même pas les yeux pour me parler.
Marc : Tu passes par la porte du jardin toi pour rentrer dans la maison maintenant ?
Emma : Je voulais pas réveiller qui que ce soit
Marc : Emma, il est 10 heures, tout le monde est déjà levé dans la maison
Maman : Marc ? T'es là ? * Me voyant * Ah ben te voilà
Emma : Bonjour
Maman : Ou est-ce que t'étais hier soir ?
Emma : Avec Lenny
Maman : T'es sûre ? Je l'ai vu rentré chez elle à 3 heures du mat Lenny et bizarre tu n'y étais pas
Emma : Je sais, c'est un peu compliqué à dire mais ...
Maman : Mais attends viens ici toi... Tu sens l'alcool à pleins nez mon dieu qu'elle odeur
Marc * soupirant et levant les yeux au ciel * : Vraiment n'importe quoi
Emma : Toi t'es pas obligé d'en rajouter
Maman : EMMA ! Tu parles autrement s'il te plaît, le respect ça te dit quelque chose ?
Emma : Il me respecte lui ?
Maman : Qu'importe ! C'est ton beau père tu n'as rien à dire
Emma : Si ça peut te faire plaisir. Je me tais.
Maman : Bon et maintenant réponds moi, où étais-tu hier ?
Emma : Maman j'ai 19 ans, donc les interrogatoires c'est plus trop ça
Marc : Encore partie dormir chez un mec hein
Emma : De quoi je me mêle toi ? Vas plutôt lire ton journal dans le salon, ça me fera de l'air
Marc : Changes de ton Emma, je suis pas ton père
Emma : Ah non ça c'est clair, mon père je le respecte contrairement à toi
Marc : Ta fille me désespère * regardant ma mère * Je files au boulot. A ce soir * L'embrassant sur le front *
Maman : Ah ce soir chéri.
Il passa à mes côtés en me regardant avec un sourire en coin car il savait très bien le discours qu'allait me sortir ma mère. Quand à moi je me contenta de soupirer un grand coup et d'affronter de nouveau le regard de ma mère.
Maman : Tu vas te calmer un jour avec Marc ?
Emma : Mais il me lance des piques sans arrêt !
Maman : Fais un effort bon sang ! Ça fait trois ans qu'il est ici, et ça fait trois ans que tu lui fais la guerre
Emma : Ce n'est pas faute d'avoir essayé d'être agréable avec lui ...
Maman : Bon laisses tomber. Je voudrais que tu répondes à ma question
Emma : Cette nuit j'ai dormi sur un banc.
Maman : Sur un banc ? Comme une clocharde ?
Emma : Non pas comme une clocharde. Seulement hier je ne me sentais pas bien je me suis allongée 5 min et résultat je me suis endormie.
Maman : Pourquoi tu ne te sentais pas bien ?
Emma : J'avais un peu bu
Maman : Encore !? Emma t'es consciente que tu bois beaucoup trop ! ?
Emma : Ce n'est rien
Maman : Il va falloir que tu te remette de cette histoire avec Bill ! Ça ne peut plus durer ça ! L'autre jour je te chope en train de te shooté à la coke, maintenant tu bois comme une alcoolique... Ça ne va plus. Je vais t'emmerder voir un psy je crois
Emma : Maman la coke c'était pour essayé je te l'ai déjà dis
Maman : Et en quoi t'avais besoin d'essayer ! ? T'as vu dans quel état tu étais après ?
Emma : T'as jamais été jeune toi ou quoi ?
Maman : Là n'est pas la question ! Tu vas aller voir un docteur c'est décidé
Emma : Un psy ? Mais Maman je ne suis pas folle ! Je suis juste une adolescente !
Maman : Non non. Les adolescents ne font pas les conneries que toi tu fais. Et puis ça fait un moment que j'y pense à ça avec Marc.
Emma : PARDON ?! Ce crétin te suggère de m'envoyer chez le psy et tu obéis comme un toutou ? Eh c'est moi ta fille je te rappelle hein !
Maman : Emma tu te calmes. Tu iras voir ce docteur un point c'est tout
Emma : Et si je refuse ?
Maman : Tu fous le camps
Emma : Je fous le camps ?
Maman : Parfaitement, tu quittes cette maison
Emma : Ca aussi c'est une idée de l'autre abruti de service ?
Maman : EMMA ! Nom d'un chien ! Changes de ton !
Emma : Ecoutes maman, c'est gentil de te soucier de moi, mais saches que je n'ai pas l'intention d'aller voir ce psy ni quoi que ce soit. Et dorénavant je voudrais que tu ne parles plus de Bill s'il te plaît.
Maman : Dans ce cas tu peux faire tes valises
Emma : Tu me mets dehors ou je rêve ?
Maman : Tu ne rêves pas. C'était la condition. Tu ne veux pas m'obéir ? Qu'à cela ne tienne. Mais tu t'en vas de chez moi.
Emma : C'est Marc qui va être content quand tu vas lui annoncer la bonne nouvelle !
Maman : Tu veux un coup de main pour faire ta valise ?
Emma : Non ça ira ! Je vais me démerder toute seule COMME D'HABITUDE j'ai envie de dire hein.
Maman : Si tu le dis.
Je me retourna et monta les escaliers. Arrivée dans ma chambre, l'envie de tout détruire me brulaient les veines mais ça aurait été mettre la cerise sur le gâteau et ça c'était hors de question. Je voulais que ma mère se rende compte par elle même que je n'étais pas folle, mais juste malheureuse. Et Marc, lui je suis sûre que si j'avais détruit ma chambre il aurait profité de ça pour engrainer la situation et lui bourrée le crâne. J'ai déjà un " ennemi " dans cette maison, j'en veux pas deux.
Quoi qu'il en soit, je commença à prendre quelque affaires de change dans mon sac. Pas trop non plus car connaissant ma mère elle allait finir par me téléphoner au bout de quelque jours pour me dire de revenir. Qu'à cela ne tienne, j'irais pioter chez Andréas...
